Automobile : Les hybrides et les autres innovations nécessiteront une démarche de certification similaire à l’aéronautique
Rencontre d’experts du secteur automobile organisé par ESG à l’occasion du salon aéronautique du Bourget
Le Bourget / Saint-Denis, le 30 juin 2009
A l’occasion du salon du Bourget, où il était présent en tant qu’exposant, le groupe ESG a organisé une table ronde sur le thème : « Maintenance et innovations technologiques, quel impact sur les réseaux ? ». Il en ressort que l’automobile devra peut-être passer par la certification, comme dans l’aéronautique, et préparer plus activement les ateliers aux enjeux de demain. Pour le moment, les réseaux ne sont pas formés aux véhicules électriques et hybrides. Une mission que pourra cependant assurer ESG lors du déploiement des premiers modèles.
Pour cette centième édition du salon du Bourget, le groupe ESG avait mis les petits plats dans les grands avec une visite guidée de son stand et de quelques exposants partenaires pour une délégation de représentants de l’automobile (constructeurs, équipementiers et réseaux). Mais, le moment fort fut une table ronde en fin de journée, réunissant les forces vives d’ESG Automotive France, dont Oliver Nass, Président ; Thierry Seynaeve, Directeur Technique ; Christophe Huchet, expert technique et après-vente ; Jean-Michel Colson, responsable de la formation ; ainsi qu’un invité de marque exceptionnel en la personne du professeur Burkhard Göschel, CTO (Chief Technical Officer) de Magna, ancien responsable de la recherche chez BMW et acteur technique auprès des constructeurs dans l’univers très sélect de la Formule 1. Le titre choisi : « Maintenance et innovations technologiques, quel impact sur les réseaux ? » était très symbolique. Il est vrai qu’on parle souvent de technique automobile, mais plus rarement de la façon dont elle est appréhendée dans les ateliers.
Vers le véhicule hybride
Quand on aborde les challenges auxquels l’automobile doit faire face, on parle certes des systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS), de la communication embarquée (services connectés, communication de véhicule à véhicule ou de véhicule à infrastructure), mais surtout de l’électrification croissante. En attendant la voiture électrique, qui représente le stade ultime de la voiture propre, on voit se développer des systèmes Stop & Start de coupure automatique du moteur thermique au feu rouge. Ce que l’on appelle le « micro » ou « mild hybrid » va se décliner sur plusieurs segments de marché, aussi bien sur les modèles « premium » que sur les « low cost » et même sur les « ultra low cost », d’où une notion un peu étonnante de « high tech low cost ». Et puis il y a l’hybride, qui commence à se développer. Pourtant, l’idée est ancienne. Dès 1900, la Lohner Porsche fit son apparition en Autriche avec le premier moteur électrique couplé à un moteur thermique. De la même façon qu’ESG, qui suit des projets sur l’électrique et l’hybride, Magna explore ces pistes d’avenir avec des concepts cars dont l’hybride
HYSUV sur base de Mercedes ML, le « plug in » HICEPS et le véhicule électrique MILA exposé lors du dernier salon de Genève. Les deux compagnies sont d’ailleurs associées dans le cadre de l’intégration de la gestion d’énergie à bord. « L’électrification est dans tous les esprits », souligne Burkhard Göschel, pour qui l’hybride est la meilleure solution face au diesel (dont la part de marché va décliner avec les normes Euro 6) et pour qui il prévoit à terme une part de marché de 30 %.
La Chine va précipiter l’avènement de la voiture électrique
S’agissant de la voiture purement électrique, Thierry Seynaeve a rappelé l’échec des constructeurs français dans les années 90. A l’époque, il n’y avait ni la bonne technologie, ni une volonté politique pour développer une infrastructure. Aujourd’hui, on voit se multiplier les projets, comme par exemple la Mini « E » dont 500 exemplaires circulent aux Etats-Unis. Mais, le meilleur exemple nous vient de Chine. L’Empire du Milieu n’investit pas moins de 17 milliards d’Euros par an pour financer le développement du véhicule électrique et de ses bornes de recharge ! Il ne serait d’ailleurs pas étonnant qu’un jour prochain, une ville comme Shanghai, considérée pourtant comme le symbole du dynamisme industriel chinois, décide d’interdire l’accès à son centre à des véhicules non électriques. Ce serait une révolution et une mesure qui aurait un impact évident sur le marché. Il ne faut pas oublier non plus que le véhicule électrique, de par ses composants, implique l’arrivée de fournisseurs qui pourraient concurrencer et même suppléer les constructeurs automobiles. Un discours que l’industrie n’aime pas trop entendre, mais qui sonne comme une menace en ces temps de crise.
L’électrique et l’hybride encore loin des ateliers
Vus des ateliers, tous ces développements technologiques semblent encore virtuels. Tant Jean-Michel Colson que Christophe Huchet constatent l’absence d’information et de formation dans les réseaux. Craignant une « galère », au même titre que le développement de l’électronique embarquée, ils plaident pour un langage commun entre ingénieurs et réparateurs. Ce à quoi Thierry Seynaeve répond : « langage commun, non, mais information commune, oui ». La solution pourrait peut-être venir de la certification : une procédure déjà mise en place dans l’aéronautique et qui qualifie selon des standards très précis. C’est un challenge dont on parle de plus en plus, et pas seulement dans les allées du salon du Bourget. Pour sa part, la branche formation d’ESG joue la carte de la certification avec une méthode outillée qui a pour nom KPA (« Key Performance Analysis »). Grâce à cette approche, il est possible d’étudier en profondeur le suivi de la qualité en atelier. En exploitant l’ensemble des données de l’après-vente, et en passant au crible le travail de chaque technicien, cet analyse de l’atelier permet de mettre le doigt là où ça fait mal et de mettre en place les actions correctives par un coaching. Précisément, il ressort que les réseaux ont des bonnes compétences techniques, mais qu’ils restent encore faibles sur des opérations de base. Alors, comment préparer des ateliers à accueillir des véhicules électriques et hybrides, s’ils ont déjà du mal avec des modèles classiques ? « La volonté est d’accompagner le changement, précise Christophe Huchet. La certification peut servir en formation, aussi bien pour l’hybridation que pour le GPL et même la climatisation. » A ce jour, les techniciens sont un peu démunis face aux futurs véhicules hybrides, mais ESG est prêt à répondre aux besoins de formation « du jour au lendemain », grâce à l’expérience acquise en première monte.
Une rencontre fructueuse
Avec des échanges denses, qui ont permis d’en savoir plus sur les progrès de la batterie lithium-ion, le profil des hybrides de demain (mode éco ou sport, une transmission par quatre roues motrices), ainsi que sur le calendrier prévisionnel des hybrides et des véhicules électriques, et un éclairage sur l’activité formation d’ESG (dont la vocation est d’aider à bien utiliser les outils, plutôt que de remplir des croix dans les cases), les participants sont repartis avec des enjeux clairement identifiés. La maîtrise de l’informatique et l’électrification font clairement partie des challenges de demain. Pour sa part, Oliver Nass, Président d’ESG en France, résume la conférence de la façon suivante : « ESG est un agent de transfert de savoir-faire. C’est une tradition d’ESG de profiter du salon du Bourget, véritable vitrine technologique, pour organiser une conférence et procéder à de tels échanges ». L’édition 2009 semble avoir tenu ses promesses…
L.M.
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